Referenda

J’ai eu un souci de téléphone portable la semaine dernière. Dans le genre, impossible de le trouver. Un peu handicapant au quotidien, vous le reconnaitrez. Mais finalement, c’était un soulagement. Quelle paix ! Surtout quand j’ai entendu mes camarades PS raconter qu’ils se faisaient inonder de messages de notre cher Premier Secrétaire JC Cambadelis, pour les inciter (fortement) à participer à un referendum, ouvert à tous, qu’on soit membre du PS ou non, dont la question unique tourne autour de l’unité des gauches et des écologistes dès le premier tour des régionales en décembre.

En même temps s’organise un autre referendum, dont la charte graphique est « assez » similaire à celle du premier, pour une vraie politique de gauche.

Chic ! Que de consultation ! Que d’importance accordée à nous les militants … l’avenir des Régions et de la gauche est entre nos mains. Non mais, faut arrêter un peu.

Sur le premier referendum, j’ai une contre-question. POURQUOI ? Pourquoi poser cette question alors qu’on sait qu’il y a des accords nationaux et que PEU IMPORTE les candidatures retenues par les militants dans leur département respectif, les têtes de liste (avec tout le respect que je leur dois) feront ce qu’ils veulent (j’en veux pour preuve le Nouveau Rhône). Ou s’il fallait absolument la poser, n’aurait-il pas fallu le faire AVANT / AU LIEU de faire voter les listes de candidats socialistes ?

Est-ce qu’on sait si les autres formations politiques se considèrent tenues par le résultat de ce referendum ? Bien sûr que non. S’ils avaient envie d’être sur une seule liste, ils l’auraient dit. Si EELV part seule ou avec le Front de Gauche, par exemple, on peut considérer que c’est parce que 1. ils veulent se compter, ou 2. il y a une divergence de fond, ou 3. les deux.

Admettons une victoire pour le ‘oui’, est-ce que la liste EELV/FG en Région Auvergne-Rhône-Alpes se dira soudainement, ah oui, ils ont raison, laissons tomber ? Cela m’étonnerait fort. Chacun va y aller de sa propre bataille pour peser davantage dans les négociations du 2e tour. Un coup de poker. D’autant plus qu’à moins de 2 mois du scrutin, des tracts, des photos etc sont déjà en cours de réalisation, autrement dit, la machine de guerre est lancée. Donc le timing me semble très mal choisi.

Ensuite, on ne sait absolument pas qui vote. PS, EELV, UMP, FN… il suffit de dire ‘j’adhère aux valeurs de la gauche’ (promis juré) et  c’est parti. Donc si la réponse à la question POURQUOI est ‘pour peser dans les négociations’, c’est nul, car on sera incapable de prouver la légitimité du résultat en termes de représentation du vrai ressenti des gens de gauche. Ou est-ce que c’est pour se dédouaner de la responsabilité de l’échec pressenti dans plusieurs Régions (dans le style ‘les gens (mais lesquels ?) ont dit non au rassemblement du 1er tour’) ? C’est tout aussi nul…

En tout cas, dire qu’il faut se rassembler ‘juste’ pour battre la droite, ce n’est pas la bonne question. Il aurait fallu d’abord expliciter le socle programmatique qui pourrait servir de terrain d’entente.

 

Sur le deuxième referendum, j’adhère sur le fond, par contre je m’insurge contre la question qui est posée.

« Face à la droite et l’extrême droite, souhaitez-vous que la gauche mène une politique de gauche ?»

La vraie question commence après la virgule. J’en ai ras le bol des campagnes négatives. Des campagnes contre quelque chose. Faisons campagne POUR nos valeurs, POUR nos convictions, POUR une société plus juste, POUR une société plus humaniste, POUR une vraie politique de redistribution des richesses, POUR l’investissement dans les énergies renouvelables, POUR une école qui assure l’égalité des chances…

Dans le texte explicatif on trouve quelques phrases qui me parlent :

« Le référendum pour la gauche est né d’une stupéfaction. Celle de voir le Parti socialiste penser qu’il allait réussir à faire l’unité de la gauche en menant une politique de droite. »

et « il faut défendre la gauche car c’est elle qui devrait agir pour votre quotidien ».

Toutes les avancées sociales ont été menées par la gauche. Ne résumons pas notre identité à l’anti-droitisme.

Pour l’instant mon coeur me dit qu’il vaut mieux participer au second qu’au premier, pour dire oui à la gauche, mais quelque part je me dis que ce scrutin a aussi peu ou autant de légitimité qu’un sondage IFOP.

Une partie de ma tête me dit que ça ne sert à rien de voter dans le premier parce qu’on ne pose pas les bonnes questions, en même temps l’autre hémisphère considère que la politique de la chaise vide est anti-constructive.

J’ai jusqu’à vendredi pour décider. Qu’en pensez-vous ?

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